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24 février 2020
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Intermines
Carrières * Mineur repreneur d'entreprise

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Interview de Patrice MATHIOT (P94), effectuée par Philippe Mercier (N81), Coach et Auditeur qualité certifié IATF


 

Philippe Mercier : Parle-nous de ton entreprise ?

J’ai repris l’entreprise TAMBÈ en mars 2019 : nous sommes concepteur, intégrateur et installateur de machineries scéniques pour théâtres, opéras, salles de spectacle, fondations privées … : un marché de niche à fort contenu technique et technologique. Nos prestations concernent principalement les cintres (ensemble de porteuses de plus en plus souvent motorisées, situées au-dessus de la scène, et sur lesquelles sont suspendus les éléments de décors, les rideaux, les matériels son et lumière, ...) mais aussi des fosses d’orchestre mobiles, des tables élévatrices, des gradins escamotables, …

Nous avons ainsi équipé la Fondation Louis Vuitton à Paris, l’Opéra de Marseille, Le Puy du Fou, la Maison de l’Economie Créative d’Aquitaine (MECA) à Bordeaux, un Palais des Congrès à Ashgabat au Turkménistan, une salle de spectacle à Disneyland Paris, … Nous travaillons aussi pour d’autres salles plus modestes : environ 25 à 30 chantiers par an en tout.

Nous effectuons également les contrôles périodiques obligatoires ainsi que la maintenance préventive de machineries scéniques d’environ 200 salles en France.

Nos 40 salariés sont répartis sur 2 sites : le siège dans l’agglomération de Chambéry (73) et une agence dans l’Oise (60). Deux équipes concentrent 75% de nos effectifs : les monteurs-poseurs et chefs de chantier d’une part ; le bureau d’études d’autre part.

 

Philippe Mercier : Pourquoi et pour quoi ?

Après une carrière de près de 20 ans passés dans un groupe industriel (connectique aéronautique) en Asie et en France, l’idée de reprendre une PME est graduellement devenue une évidence. Pour ne plus être soumis aux aléas du siège social d’une multinationale, mais mener une activité professionnelle davantage en adéquation avec mes valeurs personnelles : une vision à long terme et un vrai travail d’équipe.

Le choix de TAMBÈ s’est imposé car il répondait parfaitement à mes critères de recherche : un savoir-faire technique, un marché de niche, une entreprise structurée, saine et localisée en Pays de Savoie où je réside.

Pour quoi ? Pour relever de nouveaux défis personnels et retrouver une vraie motivation pour la deuxième partie de ma carrière professionnelle, mais aussi pour contribuer à l’économie du territoire, être partie prenante du tissu économique local et créer des emplois.

 

Philippe Mercier : Tes objectifs à court et moyen terme ?

La priorité est bien entendu de pérenniser l’entreprise et ses points forts, et de poursuivre les efforts d’innovation engagés depuis de nombreuses années (par exemple, le pilotage informatique des installations).

Il nous faudra ensuite formaliser la gestion opérationnelle de l’activité pour la rendre plus robuste, envisager de la croissance et davantage développer notre activité à l’international.

 

Philippe Mercier : L’entreprenariat ? Une vocation ? Une occasion ?

Ma formation à l’ENSMP (1994-1997) m’a orienté vers une carrière dans des groupes industriels d’envergure internationale, sans que je ne me pose véritablement la question de l’entreprenariat. J’ai pu évoluer rapidement vers des postes de direction générale, ce qui m’a permis d’acquérir une vision globale du fonctionnement de l’entreprise. C’est un premier atout pour envisager l’entreprenariat.

Le facteur déclenchant fut, la quarantaine venue, la frustration du manque de sens, de repère et de valeur, dans l’industrie dans laquelle j’évoluais.

J’ai donc décidé de mettre un terme à cette carrière, et de consacrer 2 années à un projet de reprise de PME (j’avais le luxe de pouvoir me le permettre).

 

Philippe Mercier : Ta formation initiale : une bonne base ?

Même si ma formation initiale à l’ENSMP n’était pas axée sur l’entreprenariat, elle m’a donné une formidable boite à outils et des compétences pour envisager bon nombre de situations auxquelles fait face un dirigeant. Grâce à elle, j’ai pu rapidement occuper un poste de directeur de filiale au Japon, ce qui m’a permis d’acquérir les compétences complémentaires de manager, de gestionnaire et de développeur.

 

Philippe Mercier : Tes conseils, quelles aides et quel financement ?

Pour la reprise d’entreprise, le conseil le plus important est l’avocat d’affaires : une proximité doit se nouer avec son avocat pour pouvoir piloter chaque étape du projet et gérer tous les imprévus.

Il faut également s’entourer d’experts, et en premier lieu d’un expert-comptable pour analyser les cibles et construire un business plan complet, réaliste et argumenté.

Pour accéder à des dossiers de cession d’entreprise, contacter les intermédiaires spécialisés dans la cession d’entreprise est incontournable.

Enfin, travailler en réseau est indispensable. Je vais citer 2 associations qui ont fortement contribué à la réussite de mon projet : le CRA (Cédants et Repreneurs d’Affaires) et le Réseau Entreprendre.

 

Philippe Mercier : Quels ont été les succès et difficultés rencontrés ?

La principale difficulté a été d’identifier la cible qui correspondait à mon projet : beaucoup de temps passé à analyser des bases de données, à réseauter, à rencontrer des cédants qui en réalité ne souhaitaient pas vendre mais se rassurer quant à la valeur de leur entreprise, à étudier des dossiers qui en réalité n’étaient pas aussi sains que ce qui était annoncé sur des teasers, …


Philippe Mercier :
Quels conseils pour ceux qui veulent se lancer ?

Avant tout : faire valider son projet pour éviter de faire fausse route, et avoir le soutien de sa famille et de son entourage.

Pour la reprise, se former au processus juridique de la transmission, à la valorisation d’entreprise, et à l’analyse de bilans et de comptes de résultats.

Puis bien s’entourer de conseils qui sauront être réactifs et pertinents.

Réseauter en permanence, et rencontrer toutes les sources potentielles d’informations permettant d’accéder à des cibles.

 

Le Mot de la Fin ? Persévérer !

 

Intermines Carrières aide et accompagne les repreneurs et les créateurs d’entreprise

Vincent Flament (P 2010) a rejoint le monde des startups via un programme de recrutement et d'accompagnement dans ce monde particulier (Ignition Program). 
Il a ensuite complété l'équipe interne de Ignition pour accompagner les ingénieurs, généralistes ou non, dans leur recherche d'un poste en startup (CTO, data scientist, développeur, etc).
Vincent a le recul des 250 personnes accompagnées par Ignition, pour aider les Mineurs à tracer leur chemin dans cet univers parfois opaque qu’est la startup.

Echanger avec lui, c’est apprendre à connaître de l’intérieur comment fonctionne une startup (salaire, mode de management, prise de risque…)

https://www.inter-mines.org/fr/article/carrieres-echanger-avec-un-mineur-createur-2770

Azza Megarbanne (P79), Conseillère Intermines Carrières a créé une startup à la cinquantaine avec son fils et les copains de celui-ci.

Echanger avec elle, c'est découvrir les étapes essentielles de la création d'une startup

Philippe Pernot (N71), Conseiller Intermines Carrières a repris une entreprise sous-traitante de l'industrie aéronautique et de défense.

Echanger avec lui, c’est partager le quotidien d’un Patron de PME après avoir été longtemps avant à la Direction d'un grand groupe.

https://www.inter-mines.org/fr/article/carrieres-les-conseillers-carrieres-2588

 

N’oubliez pas non plus :

- Le club X-Mines entrepreneurs et son interlocuteur privilégié : Didier Launay ( E74)
https://www.inter-mines.org/fr/article/carrieres-x-mines-entrepreneurs-2768


- Le club Mines-Business Angels et son interlocuteur privilégié : Jean-François Macquin (N66) https://www.inter-mines.org/fr/article/carrieres-club-mines-business-angels-2771

 



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