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17 juillet 2018

Intermines
Carrières : Faire de son métier son premier loisir !

 

Les 7 méthodes pour que ma réalité soit meilleure que le meilleur de mes rêves,

Et si ça se payait qu’avec du superflu ?

Si j’avais de l’argent, du temps, du pouvoir alors je ferai telle et telle chose, ce qui me permettra d’atteindre mon objectif. Ainsi je ressentirai joie, sérénité, confort et même bonheur. Et non ! C’est l’inverse. Quand j’accepte d’être qui je suis, que j’ose prononcer les mots qui vibrent en moi, sans chercher à convaincre ni séduire, alors des rencontres improbables arrivent : un super job qui répond à mes attentes et à mes aspirations essentielles.

  

  • Choisir son emploi

Quand on écoute les managers qui ont réussi leur vie, à leurs propres yeux, le mot plaisir revient sans cesse. Le mot amour n’est jamais loin, même si notre pudeur rend ce mot tabou en entreprise. Comment ont-ils fait ? Contrairement à « travail », qui vient de tripaliare, tourmenter, torturer, l’anglais a préféré « work » qui vient de werk, activité, plus positif et excitant. Le Labor désigne celui qui subit et traine la charrue, le Worker est celui qui décide de son action. Quitte à choisir autant faire ce qu’on aime et ce qui nous donne de la jouissance et du plaisir. Loisir, lui, vient du latin leisir, « il est permis, avoir la possibilité de faire ». Le premier loisir est d’avoir la capacité, le pouvoir, de choisir son métier et son contexte, en deux mots son patron et ses clients. Alors la créativité permet de matérialiser ce qu’on voulait mais, c’est le prix à payer, sous une forme à laquelle on ne s’attendait pas. Nous vous proposons 7 méthodes concrètes éprouvées par plus de 2 000 managers et décideurs depuis 15 ans. Ces méthodes s’appuient sur trois notions simples qui déclenche une véritable révolution copernicienne, SIR, Symbolique-Imaginaire-Réel : 1. S’autoriser à rêver, c’est à dire prononcer les mots, le Symbolique, qui m’enthousiasme ; 2. Oser sortir de sa zone de confort et entrer dans l’inconnu, mettre l’Imaginaire en action, c’est le moment de lâcher et de perdre ; 3. Vérifier que ce que vous ressentez est agréable, c’est à dire le Réel vous a donné quelque chose de plus, c’est la création de valeur.

 

  • Plus d’énergie et moins de frein

Avant de détailler chaque méthode, voyons dans quelle dynamique vit notre manager et quelle logique donne moteurs et freins à ses ambitions. Il s’agît d’une valse à quatre temps, quatre étapes qui se succèdent. Quelles sont ces quatre étapes ? Souvent les ingénieurs adorent leur job : résoudre des problèmes organisationnels, atteindre de bons résultats avec leur BU et créer un bon esprit d’équipe leur procure de grandes satisfactions. Par contre la politique, convaincre les financiers, appliquer des décisions qui vont à l’encontre de leurs valeurs engendrent de multiples angoisses et de démotivation. Du coup certains se referment sur leur fonction de manager. La lassitude, les frustrations font que chaque matin il est plus difficile d’aller travailler, que notre ingénieur est moins créatif, moins combatif. Il peut ressentir la réalité comme un compromis voire une compromission. Il finit par se convaincre que c’est normal ! Le ron-ron s’installe.

Comment réveiller le désir en lui ? En se rappelant l’ambition et ses rêves à l’école, en se souvenant des managers qui l’ont inspiré et en se remémorant les instants de succès et de bonheur. Alors tout son enthousiasme remonte en lui avec ses exigences. Très vite son génie intérieur vient lui souffler qu’aujourd’hui il y a de nouvelles aventures excitantes devant lui : reprendre une entreprise, créer son activité, changer pour un poste radicalement différent ou partir à l’étranger, peut-être s’offrir un tour du monde durant 6 mois avec sa famille. Quelle folie ! Que veulent tes tripes ? Ecoute-les.

 

  • Les 4 étapes du SelfLeadership

Nous venons de découvrir la première étape : prendre conscience qu’on désire quelque chose qu’on ne connaît pas. Avec cette fraîcheur que nous avions à la sortie de l’école plein d’énergie, d’espoir bien que sans savoir ni connaissances. Oser se dire « je veux » : je veux atteindre cette étoile. Me voilà réveillé, debout, sans que je sache ce que cela implique. Nous partons du hors sens pour créer du sens : « parce que je le veux bien ». Une fois qu’on a validé son désir, qu’on l’a choisi, vient la seconde étape du comment. C’est la phase de conception de projet, d’imagination, de visualisation, d’imaginarisation (!). On se voit à tel poste, rédige son CV, fréquente les conférences et utilise ses réseaux, en commençant par celui des Centraliens. Alors c’est le moment de se jeter à l’eau et plonger dans un univers inconnu. Mais rentrer dans cette troisième phase, celle de l’action vers l’innovation, n’est pas aisé et le stress arrive à grand pas. Avec le renoncement, le doute, les bonnes raisons, le risque et la peur du risque, la crainte de perdre. Après s’être autorisé à rêver, il s’agit maintenant d’oser rentrer dans le Réel, le pur inconnu. Sur cette limite, sur le plongeoir, notre ingénieur a comme moteur le désir des résultats. Mais il est aussi pris par la tentation du renoncement, qui vite le submerge. Les freins prennent le contrôle (voir schéma ci-dessous (1er schéma sur ppt)) : « est-ce bien raisonnable ? Et si ça ne marche pas ?», ou milles autres questions bloquantes ? Il veut des résultats ou des raisons ! Et en plus ces raisons sont toujours bonnes et vraies !

 

 C’est l’instant des risques, du choix stratégique, où il va payer cash. Durant cette phase d’action il va recevoir des retours, des feedbacks qui peuvent être vécus comme négatifs : le CV n’est pas clair ; les compétences ne correspondent pas ; les moyens financiers ne sont pas suffisants ; la famille ne suit pas ; son corps lui fait mal. Cette quatrième phase est la matérialisation des trois premières. Le résultat, bien sûr, n’a pas la forme prévue. Oui, il faut recommencer, s‘améliorer, faire différemment.  On va mesurer l’écart entre le rêve et l’expérience vécu. Surtout il va apprendre à partir des nouveaux événements apparus : c’est la fameuse agilité. Des nouveaux mots vont représenter ce réel surprenant. Des mots plus fins, plus justes qu’à la phase 1. Et notre manager repart vers un nouveau cycle :

1. le mot du désir 

2. l’image du comment 

3. l’action dans le réel 

4. l’apprentissage et la mesure de l’écart avec des nouveaux mots accrochant ce réel qui devient ainsi réalité.

Surtout, il va constater chaque soir la satisfaction qu’un pas en avant a été réalisé et que la limite a été repoussée, qu’il a fait quelque chose de bien même s’il l’a mal fait. Le matin suivant, il ressent l’excitation et la douceur de se dire que quelque chose de nouveau l’attend aujourd’hui, qu’il va faire mieux que la veille, que l’inattendu est là avec ses nombreux problèmes à résoudre et ses nombreuses solutions à créer. Yes, je suis vivant. A ce moment il reçoit les fruits de ses choix, le plus 1 de la vie, ce qui se nomme en entreprise la création de valeur, en psychanalyse, le plus de jouir, en philosophie, le bonheur.

 

Tout cela est résumé dans le premier principe de l’économie psychique : « l’énergie suit la pensée ; la matérialisation suit l’action ». Simple, non ? Alors tu y vas, ton ambition t’appelle ! Quel sera ton prochain loisir ? Cela commence en écoutant ce qui ne cesse pas de se dire en toi…

 

Les 7 méthodes pour faire bouger les lignes en douceur

 

  1. La Visualisation : supposez le problème résolu !

Ce qui nous fait le plus peur est l’inconnu. Transformons donc l’inconnu en connu en le nommant et en donnant de la chair à ces mots. Le cerveau reptilien, notre moteur dans nos tripes, ne fait pas la différence entre image réelle et image imaginaire. Le principe de la visualisation est d’enregistrer dans la mémoire cellulaire le film de la vie que je désire. La peur ayant disparu, alors la conscience peut voir ce qui est présent plutôt que ne voir que ces propres peurs. Rien de magique, même si cela fait un effet de magie, mais c’est au contraire logique. C’est l’effet du fameux « mental » des grands sportifs. « L’avenir, tu n’as pas à le prévoir, tu dois te le permettre ». Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry. (voir encadré)

 

  1. Viser Loin : l’inaccessible

Si on atteignait son objectif essentiel, on n’aurait plus de rêve et on serait déprimé. De plus les échecs, les critiques entament son espoir. L’idée est d’être porté par un objectif inaccessible, qui me transcende, que je peux transmettre, et qui est jugé utile pour tous. En un mot : ce qui est essentiel dans ma vie : le fil rouge qui me guide. Comment savoir ce qu’est ce génie intérieur ? En se posant la question : à 90 ans, je me retourne sur ma vie, sans complaisance, et je constate mon parcours. En quoi puis-je dire que j’ai réussi ma vie ? Exemple : Jean-François Dehecq, Président Fondateur de Sanofi, n’a jamais supporté la souffrance. Il a désiré créer de meilleures conditions de vie sur terre pour tous. Il a donné à Sanofi comme vocation trois axes essentiels pour l’homme : bien manger ; se soigner ; et quand on est déprimé, la beauté. Il a racheté deux cents entreprises dont des pizzerias, des bonbons à la menthe, Yves Saint Laurent… De ces trois marchés Sanofi d’aujourd’hui ne conserve que la pharmacie. Il a créé une utopie réaliste. « Le bonheur est un rêve d’enfant réalisé dans l’âge adulte». Sigmund Freud.

 

  1. Plus rien à perdre : beaucoup à gagner

Ce point est crucial et la méthode est paradoxale. Heureusement Pascal nous guide avec les probabilités et son pari. La peur vient du fait que je peux avoir mal et perdre : de l’argent ; du temps ; des opportunités ; l’image de moi ; l’estime des autres ; la reconnaissance ; l’amour. La technique est simple et radicale : Accepter de perdre ce que je mise. Accepter, dès le départ, de perdre pour être en position de gagner. C’est la phase où je paye ma dette pour pouvoir avancer. L’astuce, la clé, consiste à perdre que ce que ce dont je ne veux plus ou ce qui est désormais secondaire pour moi : les succès d’hier, les relations voire des économie que je peux investir. Puisque j’ai déjà perdu, je n’ai plus rien à perdre, donc je peux tout donner. Exemple : l’équipe de France de football lors du dernier match de qualification pour la coupe du monde contre l’Ukraine n’avait pratiquement plus aucune chance de gagner. Ils ont réalisé l’exploit auquel personne ne croyait. Les questions à se poser : Que puis-je perdre? Suis-je d’accord pour perdre cela ? Alors que vais-je faire puisque je suis désormais en toute sécurité ? Viser haut, prévoir le pire, et jouir du résultat. Le pire n’est jamais sûr. “La meilleure invention de la vie… c’est la mort. Le temps nous est compté, alors ne le dilapidez pas.” Steve Job.

 

  1. Apprendre de l’échec : l’expérience

Rentrer dans le Réel ne garanti aucun résultat. Au contraire, on est sûr de ne pas trouver ce qu’on cherchait. La première fois je vais perdre ce que je mise. Puis je comprends, puis je m’améliore, puis je fini par trouver. Un journaliste faisait remarquer à Thomas Edison qu’il s’était beaucoup trompé avant d’inventer l’ampoule à incandescence. Il répliqua : « Je n'ai pas échoué. J'ai simplement trouvé 10.000 solutions qui ne fonctionnent pas ». Les quatre points à se poser et à partager suite à une situation qui a été douloureuse émotionnellement : 1. Raconter d’une manière subjective cette situation ; 2. Raconter d’une manière objective cette situation ; 3. Quels étaient les signaux faibles que j’avais bien vu et dont je n’ai pas tenu compte ; 4. Avec le recul d’aujourd’hui,  quels sont les bénéfices récoltés désormais? Et oui, je ne suis pas innocent et j’ai bien participé à la création de mes malheurs. Donc j’ai la capacité de participer à mon bonheur. C’est la force de l’agilité : se tromper vite pour apprendre ce qui n’a pas marché et recommencer. « Il suffit de parler, pour devenir un autre ». Roland Topor. « L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs. » Oscar Wilde.

 

  1. Innover : le droit à l’erreur

L’innovation demande de la sérendipité : trouver ce que je ne pensais pas désirer et abandonner ce que je croyais vouloir. Cela permet de trouver mieux que dans mes rêves. C’est ainsi que « Welcome problem » est le slogan de Roland Vardanega, Ex Président de PSA, et expert du Management par le Lean : si ça ce passe comme prévu, c’est qu’il n’y a pas eu d’innovation. Marie Curie n’a jamais rêvé de radioactivité, elle étudiait et repoussait les connaissances de la fluorescence d’un caillou, l’uranium. Une des conséquences directes est le droit à l’erreur. Le DRH de Google a comme principal objectif à apprendre à ses équipes à se tromper : ce n’est pas la fin du monde, c’en est le début. « La nature est pleine de causes infinies, que l’expérience n’a jamais démontrées ». Prophétie, Léonard de Vinci. « C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche ». Soulages, 1953.

 

  1. Dire Non aux toxiques, pour dire oui à mon étoile,

Beaucoup de personnes vivent dans leur zone de confort. En effet elle est rémunératrice à court terme, puisqu’il n’y a pas de risque. Ces personnes sont régis par la peur et vont argumenter avec des très bonnes raisons et sont plein de bons sens. Quelle ironie ! Les purs toxiques se reconnaissent souvent par trois moyens : ils dévalorisent les plus petits qu’eux ; ils survalorisent les grands ; ils s’approprient les succès des autres. A leur côté on se sent moins que rien avec un sentiment d’inexistence et d’échec. Dire Non demande courage et simplicité en restant focalisé sur ce qui rend vivant : l’étoile. Les résultats sont toujours déconcertants et rapides : on a créé de la place pour accueillir le possible imprévisible donc les bonnes choses. « Le bon sens est la chose la mieux partagée. » Pascal.  « Il ne s'agit pas de crever séparément, mais de vivre ensemble », Chroniques algériennes, Albert Camus.

 

  1. Faire des petits pas : passer à l’action avec simplicité

Cette méthode est la plus simple, la plus classique, celle de la gestion de projet, et pourtant on l’oublie vite dès qu’il s’agit de sa propre vie. Il s’agit de ramener un désir ambitieux en toutes petites tâches faciles à réaliser aujourd’hui. Chaque tâche se transforme en mini victoire au quotidien. Le leader décompose l’étoile à un an, en projet à six mois, en objectifs à 1 mois, en tâche à 1 semaine, en actions de demain. Ainsi le Comment se transforme en mini-étoiles. Et la tâche que j’ai à faire demain est toute simple : ne pas manger de frites, sortir du travail le mercredi à 18h pour voir mes enfants ; dire à ma belle-mère ce que je n’ose (que je l’aime ou…) On ne fait jamais rien de grand, on ne réalise que des petites tâches simples. Et le soir le leader peut se féliciter : Yes ! I did it. « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. » Lao-Tseu. «Qui veut élever en un instant une flamme puissante commence par l'allumer avec de faibles brins de paille.» Jules César, William Shakespeare.

 

Conseils pour visualiser son futur, méthode 1.

Se détendre dans un lieu confortable et sécurisé. Laisser monter l’émotion, le bien être. A partir de succès passés, s’autoriser à se voir heureux. Puis écrire : son nom ; à la première personne du singulier ; au présent ; très concrètement ; simple ; avec émotions et sensations ; un scénario réalisable par un enfant de 8 ans ; chiffré ; ambitieux ; accessible par moi à cette date. Savourer le plaisir de cette vie. En parler avec des inconnus bienveillants qui ne donneront surtout aucun jugement. Qu’importe le comment, les paradoxes, les contradictions apparentes. L’exprimer et le partager avec des personnes neutres, qui, surtout, diront, « C’est bien ».

 

Marc Pavageau, ingénieur-psychanalyste,

Ingénieur Arts & Métiers ParisTech, spécialisé en psycho-sociologie d’entreprise. Il anime des séminaires de transition professionnelle, d’efficacité collective, de leadership, de relations inter-signifiantes, de team building, de risques psychosociaux, de progrès culturel par l’innovation et le projet.

 

 



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